vendredi 20 juillet 2018

Mark Lanegan Band, Pistoia Blues Festival, 15/07/2018


Quelques photos du concert du Mark Lanegan Band le 15 juillet dernier, lors du festival PISTOIA BLUES 2018, pour ancrer le souvenir de cette belle soirée.  La Piazza del Duomo offrait un décor Renaissance, mais la canicule semblait plutôt décidée à nous mettre au supplice et nous cuire à petit feu, avant et après le passage d'un orage qui n'a fait qu'assombrir le ciel et laisser claquer quelques coups de tonnerre. La lumière de la fin d'après-midi est tellement implacable qu'elle semble littéralement manger les couleurs, pour preuve ces premières photos très noir & blanc.

C'est aussi pour toi, Mu. que j'écris, je sais que tu aurais aimé partager ce moment !  Il y en aura d'autres ...

Cette tournée prolonge  (ou complète, si on préfère)  celle à laquelle j'ai eu la chance d'assister l'hiver dernier, au Café de la Danse, à Paris, le 25 novembre 2017, à l'occasion de la sortie de l'album Gargoyle (Avril 2017), pour lequel j'avais écrit un article que l'on peut, éventuellement, lire ici : https://imagesentete.blogspot.com/2017/04/nouvel-album-de-mark-lanegan-gargoyle.html

Mark Lanegan est un auteur-compositeur-chanteur américain  originaire d'Ellensburg  (état de Whashington), il a débuté avec le groupe  des Screaming Trees, faisant partie de la mouvance grunge  de Seattle en 1984, avant de commencer une carrière solo en 1990.  J'ai découvert sa musique avec  Blues Funeral (2012) et  Imitations, un album de reprise sorti en septembre 2013. (Merci, merci,  Mu !) 




 ... parmi les spectateurs des groupes qui se sont produits en début de soirée, monsieur Jeff Fielder.

Premier morceau du concert, "Death's head tattoo", premier titre de l'album Gargoyle (2017). On trouve la setlist par là . Une heure de concert, durée habituelle pour une scène de festival, une quinzaine de titres interprétés et pas de rappel possible.  On était assis au cinquième rang, ce qui est trop loin pour avoir des photos correctes, mais très bien pour le son.  Sur un des morceaux du début, le batteur a fait un faux départ qui lui a valu de la part de Mark Lanegan un "well done JPDG!" , Shelley Brien  est apparue au troisième titre "Hit the City", c'est également sur ce titre qu'elle était entrée sur scène au dernier concert auquel j'ai assisté (Café de la Danse, Paris, 25 novembre 2017), d'ailleurs, la liste et  l'enchaînement des titres étaient sensiblement les mêmes d'une tournée à l'autre.  








"Deepest Shade", duo Shelley Brien, Mark Lanegan (Twilight Singers cover) et les musiciens de gauche à droite, Jeff Fielder (guitare), Jean-Philippe De Gheest (batterie), Frédéric Lyenn Jacques (basse) et Aldo Struyf  (guitare, claviers etc...)


Quelqu'un sait-il pourquoi Shelley Brien n'avait pas droit, elle aussi,  à un bel éclairage, ce soir là ?








 Pour avoir un aperçu du concert (bien que chaque "live" soit absolument unique) deux concerts qui présentent une setlist similaire, augmentée de plusieurs titres sont disponibles sur Youtube, celui du 17 juillet à Moscou et celui du 18  juillet à Saint-Petersburg.

Mark Lanegan Band, concert in Moscow, Russia, July 17th 2018 (full concert), 100 mn
merci Sstonedd !

Mark Lanegan Band, concert in Saint Petersburg, Russia, July 18th 2018 (full concert), 1h33
merci Dziga Leibovitz !

Merci au Mark Lanegan Band pour la musique!  

Infos:  Mark Lanegan et Duke Garwood ont enregistré un album, With Animals, disponible le 24 août 2018, chez Heavenly recordings.  Il a également annoncé qu'il travaillerait sur un nouvel album l'hiver prochain. 

En sus, quelques vues de Pistoia et sa Piazza del Duomo, autour de laquelle sont disposés cathédrale,  clocher et  baptistère de style gothique: 






mercredi 18 juillet 2018

Pascal VERBENA, visite d'atelier (décembre 2017)



Au mois de décembre 2017, Pascal Verbena  me proposa de visiter son atelier marseillais et d’écrire sur les pièces rassemblées en vue d’une prochaine exposition dans la Galerie Chave à Vence.  Le vernissage est  fixé le dimanche 29 juillet 2018.  
Depuis la rue des Tyrans un couloir serpente et grimpe quelques marches, alors l’atelier ouvre sa porte sur une profusion d’œuvres, de matériaux, d’objets, de machines et d’outils. Il est plein, ordonné, vivant et bien chauffé, un lieu de travail et un lieu de vie, sans distinction. 



Tout de suite je suis saisie par une sorte de mise en abîme. J’ai traversé le quartier, la rue, la maison, l’escalier et dans la pièce l’agencement de toutes ces grandes boîtes en bois composent dans l’espace, elles aussi, des maisons dans un quartier, dans une ville dont l’artiste est l’architecte. Je déambule parmi ces oeuvres que l’on a souvent comparées à des retables de bois et j’écoute Pascal Verbena me raconter ses sculptures. Pour moi il les anime, ouvre les portes, j’entraperçois les figurines à demi révélées ou mystérieusement dissimulées par des moucharabiehs et des ouvrages pleins d’astuces. 



Devant ces meubles à secrets dont il m’ouvre les portes me vient à l’esprit le sonnet de Rimbaud, « Le Buffet », composé en octobre 1870, lors de son séjour à Douai chez les demoiselles Gimbre, tantes de son professeur de lettres Monsieur Izambard :

C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;

– C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

– Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.

Pour le jeune Arthur Rimbaud qui fête ce mois d’octobre 1870 son dix-septième printemps, la mort est certes une ombre inquiétante, mais les reliques de la vie, dans les plis sont un foyer fécond, tendrement féminin et maternel, dont sortent des histoires fantastiques.  Si j’explore le poème de Rimbaud au moment d’entrer dans l’œuvre de Pascal Verbena, c’est que j’ai ressenti ce soir où je suis arrivée dans son atelier, une présence très forte au cœur de ses œuvres, une présence enfantine qui jouait avec les souvenirs, qui oeuvrait à créer des plis et des zones d’ombre où les mettre à l’abri, avec tendresse. Je dis mon sentiment à Pascal Verbena qui m’apprit, c’est une coïncidence, que l’atelier dans lequel nous nous trouvions avait appartenu au peintre Francis Rimbaud (1911- 1972), dont l’ ancêtre était Arthur Rimbaud et, bien que secondaire, cette information frappait l’imagination. 




En présence de ces improbables armoires sculptées qui résistaient à livrer tous leurs secrets, je ne savais plus si le but de l’artiste était d’ouvrager des boîtes et des portes destinées à être ouvertes ou, au contraire, de façonner des reliquaires et des portes à fermer pour confiner des souvenirs, tant il est vrai que je n’ai vu aucune clé, si ce n’est une clé à jamais scellée dans le bois où elle est sculptée, mais beaucoup de serrures.
Dans le moment où Pascal Verbena me racontait l’histoire qui pouvait s’entendre comme le récit fondateur de telle ou telle sculpture, il me semblait que les jeux de fermetures compliquées et uniques qu’il aimait à inventer, à oublier parfois et à redécouvrir destinaient ses œuvres à devenir les écrins de souvenirs et de secrets qu’il ne fallait ni perdre, ni déranger. C’est ainsi que l’œuvre, toute profane qu’elle soit pouvait se concevoir comme un sanctuaire, une oeuvre édifiée autour de l’objet à protéger, comme un tabernacle.



Quel est le sens du chemin qui s’accomplit quand les ciseaux du sculpteur sur bois donnent vie à l’oeuvre, est-ce pratiquer des incisions pour frayer à la lumière un chemin vers les puits d’ombre, au creux des existences, ou  bâtir une œuvre-citadelle autour d’une ombre-socle ?  Droites sur leurs supports, les boîtes semblent ouvrir leurs bouches d’ombre et murmurer : 
[…]
«Crois-tu que la nature énorme balbutie,
Et que Dieu se serait, dans son immensité,
Donné pour tout plaisir, pendant l’éternité,
D’entendre bégayer une sourde-muette ?
Non, l’abîme est un prêtre et l’ombre est un poëte ;
Non, tout est une voix et tout est un parfum ;
Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un ;
Une pensée emplit le tumulte superbe.
Dieu n’a pas fait un bruit sans y mêler le Verbe.
Tout, comme toi, gémit ou chante comme moi ;
Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi
Tout parle ? Ecoute bien. C’est que vents, ondes, flammes,
Arbres, roseaux, rochers, tout vit !
                                                              Tout est plein d’âmes.»
[…]
Victor Hugo, « Ce que dit la bouche d’ombre », Les Contemplations, livre VI, 1856

Que l’on ait la sensation d’œuvres ayant du cœur et de l’âme en regardant les sculptures de Pascal Verbena est certain, elles semblent construites pour se dévoiler peu à peu, s’ouvrir et se fermer comme une bouche qui parle ou se fait muette. Et, peu importe de détenir la clé de la vérité si le conte est charmant.  Goût du mystère, ingéniosité ludique, humour ou pudeur, le leurre est un élément présent dans ce travail, appâts de pêcheurs, miroirs aux alouettes attrapent le curieux.  Ainsi trouve-t-on de vrais miroirs où l’œil du spectateur est renvoyé à lui-même :  « La vérité attend l’aurore à côté d’une bougie./ Le verre de fenêtre est négligé. /Qu’importe à l’attentif. / Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému ». (René Char, Les Matinaux, 1983). La vérité est dans le visible révélé par la lumière, mais la pudeur est de mise qui n’exige pas d’aveu. Regarder l’arbre et penser la vie, voir l’oiseau dans la cage et songer liberté, voir les plantes et les graines et savoir qu’il faut semer pour récolter, voir le pèlerin et envisager le chemin à parcourir, voir le nid et l’enfant et vouloir être les bras qui le bercent… 








 L’œuvre de Pascal Verbena est une œuvre vivante qui dort et s’éveille, qui se déploie et se referme sur sa nuit. Une porte s’ouvre, une porte se referme et certaines niches sont sans issues. Telle est la volonté de maintenir certaines choses à l’abri des regards.  Ce que l’artiste y a mis de lui-même et que la lecture de sa biographie peut m’enseigner, n’est peut-être pas ce je vois, car mon regard tourné vers le monde extérieur est teinté de ce que je porte à l’intérieur de moi.  Ce que je comprends depuis la rive où je regarde, n’est peut-être pas le sens dans lequel il menait son ouvrage.  Ce que j’entends dans son œuvre, n’est peut-être pas sa voix. Il est des expériences qui ne se livrent pas mot pour mot, toutefois, elles vibrent dans l’écho des voix du monde. Les sculptures qui sont devant moi me touchent sensiblement et, les regardant, je me courbe pour les saluer.



Je regarde et j’écoute Pascal Verbena me raconter « Requiem pour un moineau », et je pense à mon grand-père qui était un fabuleux conteur. Il avait construit une maison de poupée en bois d’une grande ingéniosité, avec laquelle je jouais inlassablement et avec fascination, dans mon enfance.   J’écoute Pascal Verbena et j’ai l’impression que ses œuvres deviennent moins solennelles, plus familières. La sacralité originelle de la sculpture, bâtie autour des objets qu’elle conserve et préserve comme un tabernacle, fait peu à peu place à l’image plus douce et plus enveloppante de la maison en tant que matrice. Maintenant, comme des maisons, je vois que ses sculptures peuvent loger un grand nombre de souvenirs, pour que leur mémoire demeure.  Elles sont la cachette où serrer un trésor et puisque elles sont un peu complexes, elles ont des caves, toutes sortes de chambres, des greniers, des couloirs aveugles où se dérober à la vue, des jardins où s’évader et où trouver refuge. Elles sont l’enfance elle-même, à jamais présente dans ces constructions d’images en volume. La création semble ici permettre une renaissance au monde du passé révolu, une enfance ré-enfantée et cette fois protégée, préservée des circonstances malheureuses, une manière de rassembler une famille éclatée, de donner une sépulture à chacun, de prendre enfin soin de ce que la vie ne pouvait pas sauver. Je prends conscience en écrivant, que l’on est proche de l’esprit des « Demeures » du sculpteur Etienne Martin (1913 – 1995), sans que l’on puisse confondre ces deux œuvres, la part dédiée aux souvenirs et à l’enfance me semble être un point de concordance chez les deux artistes.







Les souvenirs de toutes sortes, les silences, les douleurs d’une vie deviennent les obsessions fondamentales qui habitent l’artiste et qu’il travaille toute sa vie à métamorphoser dans ses œuvres sculptées.   Le sculpteur comme l’enfant qui n’a rien à lui, fait avec ce qu’il trouve et qu’il détourne.  L’enfant ne s’invente pas des jouets, il crée le plus sérieusement du monde, ce qui lui est nécessaire pour dialoguer, et pour agir dans un monde qu’il doit adapter à sa mesure. L’œuvre n’est pas une chose extérieure à l’artiste, elle lui est si intime que l’intuition guide l’ensemble des gestes qui la font apparaître.  Pour ainsi dire, Pascal Verbena sculpte des demeures imaginaires et des souvenirs pour qu’ils ne meurent pas, mais aussi pour les explorer. Sculpter est une façon de donner forme pérenne à ses souvenirs, mais aussi de refléter son vécu dans une œuvre très concrète où l’imaginaire n’est pas un vain mot, mais une réalité visible et tangible, le reflet de son âme, pour revenir au mot employé par Victor Hugo.
L’entreprise du sculpteur semble, ici, s’accompagner d’une recherche de la solitude et du soi « sauvage », c’est-à-dire, selon la conception de Montaigne, non « abâtardi » par les normes sociales. Le soi profond et le travail constant, au fil des années, fabriquent une œuvre véritable et singulière.  Les recoins des sculptures laissent voir des figures à forme humaine abritées derrière des moucharabiehs. Depuis leur fidèle solitude elles nous contemplent et nous font signe,  une part de nous s’y reconnaît.





Alors, c’est Robinson Crusoé à l’œuvre qui, dans sa solitude, choisit de recréer, avec les restes du vaisseau, le monde naufragé perdu.  Seul sur son île, il est encore le monde au-delà de portée, le monde disparu et absent. Tel un Robinson moderne, Pascal Verbena récupère tout ce qui fait la matière de ses œuvres, il arpente la Camargue, il récupère les restes des cabanons détruits de Port-Saint-Louis-du-Rhône, les planches des bateaux échoués, le bois de pin Cembro des Alpes dont on faisait des jouets, les ardoises d’une toiture ancienne… Il s’exprime à travers des matériaux qui sont des épaves abandonnées à la périphérie de la société de consommation du siècle dernier et de ce début de vingt-et-unième siècle. Il s’intéresse à polir leur histoire passée, comme les scribes grattaient les palimpsestes pour y écrire de nouveaux récits. Si un bois neuf ne saurait avoir la même épaisseur qu’un bois ancien, c’est qu’une planche ne se mesure pas en centimètres mais dans la profondeur de son histoire. En marchant, le regard saisit l’opportunité, accueille l’intuition et pas à pas la récolte se fait parmi les herbes folles, la boue, les amas de choses dévastées, images du chaos, du désordre, des plaies.  Dans l’atelier, les convulsions du monde muent en œuvres aux formes géométriques régulières et trapues, organisées autour d’un centre-coeur et de fausses symétries latérales apaisantes au regard. Ainsi, les demeures de Pascal Verbena sont des cabanes, elles sont un dedans-dehors pour se lover à l’intérieur, se cacher, s’abriter, trouver refuge, tout en restant au bord du monde, dans un espace surtout imaginaire. Bien sûr la démarche est romantique et s’oppose à la société capitaliste de consommation qui demande du neuf, de l’obsolète, du toc moderne. C’est d’ailleurs ce qui donne une force très contemporaine à ce travail, car la question de la nature est à nouveau urgente et toute une partie de la jeune génération se tourne vers la préservation de la Nature et relit Walden d’Henry David Thoreau.

Aix, le 26 avril 2018
Florence Laude

 L'exposition se visite Galerie CHAVE
Tout l'été 12 et 13 rue Isnard - 06140 VENCE


Vernissage dimanche 29 juillet 2018

Tél: 04 93 58 03 45
galeriechave@orange.fr




On peut lire d'autres articles écrits sur le travail de Pascal VERBENA:




Sur le site d'Alain Paire :  ici  (Pascal Verbena chez Alain Bourbonnais et André Nègre) et là  (l'Ex-voto de Pascal Verbena)


Collection de l'Art Brut  Lausanne:  https://www.artbrut.ch/fr_CH/auteur/verbena-pascal



Prato, Italie


Prato, ville de Toscane située à une vingtaine de kilomètres de Florence,  compte un peu moins de deux cents mille habitants. Son activité, depuis le XIIIe siècle,  est principalement dédiée à l'industrie textile,  fabrication de tissus,  confection de vêtements,  régénération de la fibre textile, conception de machines pour tous les usages industriels liés au tissu. Il faut dire cela avec des mots, car c'est une réalité et je ne l'ai pas photographiée, pourtant la "couleur locale" qui fait le charme des villes italiennes  ne m'a pas échappé ... 















 Le fleuve Bisenzio
Au bord du fleuve, les remparts médiévaux


Le MAC (Musée d'Art Contemporain) Centro PECCI, Prato, ouvert en 1988,  financé par la ville de Prato et par des fonds privés, présente une collection permanente et des expositions temporaires.  Au moment où je l'ai visité, l'artiste invité était l'Anglais  Mark Wallinger.


Au second plan, une oeuvre de Jannis Kounellis (1936-2017), sans titre. Kounellis est un artiste grec du mouvement Arte Povera. Cette oeuvre consiste en une  plaque de métal sur laquelle sont soudés des bec de gaz qui crachent du feu, sur la tranche du cadre, des couteaux de cuisine. Sans titre, 1985- 1995.  
Au premier plan,  une sculpture de Richard Baquié, artiste français (1952-1996), intitulée, "Fixer l'heure du départ, fixer l'heure d'arrivée". Elle a été acquise l'année d'ouverture du musée en 1988.  Composée d'une table de bistrot, d'une chaise, tasses à café, miroir et verre (ou plexi) assemblés en X. Comme la lettre centrale "X", du verbe "fixer" ... on peut y penser, dans la mesure où Richard Baquié utilisait les mots au même titre que les images et les objets, pour réaliser ses sculptures.  





Oeuvre de Michelangelo Pistolettto, artiste italien né en 1933, qui a rejoint le mouvement Arte Povera.  Jeu de miroir qui (dé)place le spectateur (visiteur) en acteur dans une scène équivoque.  Noter l'ombre portée dessinée au sol.


Une oeuvre textile (feutre) de l'artiste américain  Robert Morris, sans titre, réalisée en 1993, il interroge  la forme (autant que  la "non forme") et la transformation du plan en volume.  Cela fait partie d'une série réalisée par Morris dans les années 1970, intitulée "Wall Hanging".


Une photographie en noir et blanc du photographe Thomas Billhardt, né en 1937, originaire de l'ex-Allemagne de l'Est. 


Une installation gigantesque d'Henrique Oliveira, artiste brésilien né en 1973, dans laquelle le spectateur est invité à pénétrer et à cheminer. Au fur et à mesure de sa progression dans le "Transcorredor" le paysage, les matériaux et les formes  évoluent. On a la sensation  de remonter le temps, mais aussi d'être pris dans un processus régressif dont on finit par sortir comme si la sculpture nous proposait de renaître.  Ce parcours est une expérience sensorielle forte, vraiment impressionnante,  qui veut s'apparenter à un voyage cathartique.  Ci-dessous, quelques images de la progression dans le "Transcorredor", installé dans le musée en 2016-2017...







Une vidéo présentant la fabrication d'un "transcorredor" d'Henrique Oliveira, lors d'une autre exposition en 2014.

Enfin, une oeuvre de Mark Wallinger, artiste invité pour l'exposition temporaire à l'occasion du trentième anniversaire  du Centre  d'Art Contemporain  PECCI.


"Ecce Homo", 1999-2000, résine blanche et fil barbelé plaqué or.