mercredi 20 novembre 2019

mercredi 13 novembre 2019

Denis Lavant- Bacon- Beckett

A l'occasion de l'exposition Francis Bacon au Centre Pompidou ...seulement 5:21 de conversation ... 



lundi 11 novembre 2019

Joseph Ponthus, à Aurillac dans le cadre du dispositif "De vives voix", le 6 novembre 2019




Mercredi 6 novembre, deux moments de rencontre avec Joseph Ponthus, auteur d' A la ligne, feuillets d'usine,  roman publié en janvier 2019 aux Editions de la Table Ronde, le matin, avec des élèves des lycées Monnet-Mermoz et Duclaux et, en soirée, à la Médiathèque du Bassin d'Aurillac.  Le Théâtre d'Aurillac, collaborait à cette rencontre, pour une très belle  mise en voix des textes.
A la ligne a reçu le Grand Prix RTL/Lire, le Prix Régine Déforges, le Prix Jean Amila-Meckert, le Prix du Premier Roman des lecteurs de la ville de Paris, tout cela au cours de l'année 2019.  Je l'ai lu cet été.

Ce livre, tient à la fois du journal, de la chronique, du témoignage ouvrier,  du poème et c'est un roman.  Les feuillets ont été écrits au jour le jour, après les huit heures de travail à l'usine, comme un prolongement, un exutoire, des mots pour dire les maux et renouer avec l'humaine condition après les conditions de travail déshumanisantes sur la ligne de production.  Joseph Ponthus fait un parallèle avec les Feuillets d'Hypnos de René Char,  qui, engagé dans la résistance sous le pseudonyme de  Capitaine Alexandre,  consignait  pensées et anecdotes, sous forme de courtes notes poétiques, dans cette période d'occupation où la gravité de la situation lui commanda d'interrompre son travail d'écrivain.

Toutes proportions gardées, c'est aussi le projet de Joseph Ponthus, écrire ces feuillets pour résister au laminage par le travail dans l'usine et pour témoigner en tant qu'ouvrier intérimaire.  Si un intérimaire n'est pas considéré comme un individu mais embauché pour la force de ses bras, si l'usine le  dépossède  de sa force et le dissout dans la ligne de production, alors le projet d'écriture au quotidien devient  la distance qui transforme la journée de huit heures en matériau poétique. Des poètes ont  transformé la boue en or.  Parlant de l'abattoir, Joseph Ponthus transforme le sang en encre, la ligne de production en ligne d'écriture, les maux du corps en mots, conjugant la précision de la chronique où le mot rend compte du réel avec justesse,  au phrasé  d'une poésie en vers libres et sans ponctuation (référence à Alcools d'Apollinaire d'abord et à la poésie contemporaine) qu'il faut lire à haute-voix pour en ressentir la cadence et les vibrations sonores. 

Pour le plaisir d'entrer encore une fois dans la lecture, je recopie ici quelques lignes de l'incipit dans lesquelles on trouve l'annonce des fils qui constituent le roman, le travail à l'usine, l'amour qui le conduit à quitter Paris pour rejoindre la femme qui l'attend en Bretagne et la passion jubilatoire de littérature, de la poésie et des chansons populaires ... Un roman multiple et atypique, et tellement réussi ! 

 

"En entrant à l'usine
Bien sûr j'imaginais
L'odeur
Le froid
Le transport de charges lourdes
La pénibilité
Les conditions de travail
La chaîne
L'esclavage moderne

Je n'y allais pas pour faire un reportage
Encore moins préparer une révolution
Non
L'usine c'est pour les sous
Un boulot alimentaire
Comme on dit
Parce que mon épouse en a marre de me voir
traîner dans le canapé en attente d'une embauche
dans mon secteur
Alors c'est
L'agroalimentaire
L'agro
Comme ils disent
Une usine bretonne de production et de
transformation ete de cuisson et de tout ça de
poissons et de crevettes
Je n'y vais pas pour écrire
Mais pour les sous

A l'agence d'intérim on me demande quand je veux
commencer
Je sors ma vanne habituelle littéraire et convenue
"Eh bien demain dès l'aube à l'heure où blanchit
la campagne"
Pris au mot j'embauche le lendemain à six heures
du matin"
[...]

(extrait du chapitre 1, pages 11et12)

Une belle rencontre d'écrivain et un roman dont l'écriture, au fil des lectures successives, ne cesse de m'enchanter. 

A venir, en mars 2020, une création de  La Station Service pour l'adaptation scénique du roman, entre lecture et chanson  avec Michel Cloup,  Miossec et Julien Rufié. J'espère que cette pièce de théâtre, entre textes et chansons sera programmée à Aurillac.
http://www.lastationservice.org/MIossec-Michel-Cloup.html


jeudi 7 novembre 2019

Day trip to Néronne










Col de Néronne - novembre 2019

jeudi 31 octobre 2019

"Biscuit", PORTISHEAD


"Biscuit", Portishead, album Dummy, 1994. Premier album du groupe sur le label Go! Beat.

Exposition Jean GIONO au Mucem (Marseille)

Un article de l'ami Alain Paire dans la Marseillaise, pour annoncer une exposition sur l'écrivain Jean Giono, au Mucem, du 30 octobre au 17 février.



dimanche 27 octobre 2019

Kamel Khélif, "Même si c'est la nuit", signature le 19 juin 2019 dans la librairie TRANSIT à Marseille




Je me souviens de cette belle soirée du mois de juin, j'étais arrivée juste à temps dans la Librairie Transit, boulevard de la Libération à Marseille, pour écouter Kamel Khélif présenter Même si c'est la nuit, son ultime bande dessinée publiée aux éditions Otium. L'arrière salle de la librairie était bondée, il commentait les planches de sa bande dessinée.

Je me souviens avoir pensé que sa voix nous entraînait à contre-courant de son récit où le personnage, un dessinateur, quitte l'atelier pour déambuler dans les rues de Marseille.

Ecouter Kamel Khélif ce n'était, pas sortir de l'atelier pour rejoindre la nuit et la ville,  mais s'asseoir avec lui à sa table de travail et entendre sa voix intérieure guider l'écriture du  texte et sa main pour faire sortir  de l'ombre de la peinture étalée sur la feuille de papier glacé, des dessins aussi lumineux  que sombres. L'écouter c'était appréhender l'importance de la lecture de Mobydick de Melville, c'était comprendre l'architecture de son oeuvre, les liens entre ses livres, Homicide (1995), Ce Pays qui est le vôtre (2003), La jeune fille et la mort (2010), Premier hiver (2012), c'était parler de son amitié avec  Nabile Farès, c'était souligner dans le phrasé du texte ses liens avec la mélancolie vibrante du fado, c'était une relecture éclairante de la bande dessinée. 


C'était bien sa voix, au demeurant, qui lisait le texte dans la demi-nuit de la salle, éclairée par le rayonnement des dessins projetés sur le mur, modulant constamment l'intensité lumineuse.  Il devenait évident que Même si c'est la nuit est un conte de nuit, ou plutôt un livre écrit à contre-nuit, comme les récits de Shéhérazade, résistant par le pouvoir des mots, du verbe et du dessin à la violence du jour et de tout ce qu'il peut symboliser, en particulier l'affirmation de la puissance de certains hommes et d'un certain type de société.  Même si c'est la nuit  propose toutefois une alternative à la nuit, au désespoir, il ouvre une autre voie, celle de l'alternative, du  même si.  Le récit de Kamel Khélif compose avec tout ce qui constitue le merveilleux potentiel de la nuit, ses noirceurs, mais aussi  ses lumières,  les abîmes inquiétants qui resurgissent, les lueurs des enseignes d'un bar où l'on peut rencontrer d'autres comme soi qui ont une histoire même s'ils sont peu visibles. Cette nuit est celle de ceux qui ne dorment pas, qui  rêvent moins qu'ils ne sont hallucinés par les visions et la nostalgie qui les hantent parce qu'ils n'ont plus un lit pour les accueillir.  Pour exemple, cette scène forte du récit où le personnage rejoint la femme qu'il a aimée, elle est couchée dans son lit, mais ne l'invite pas à venir  s'allonger à son côté, pour reformer le couple, pour refermer la nuit, il est, au mieux, assis à côté d'elle, dans la position de celui qui veille, avant de repartir dans la nuit.

La musique qui accompagne l'album Même si c'est la nuit, est un fado poignant et vibrant, j'ai choisi la voix d'Amalia Rodrigus pour le faire entendre ici, je ne sais plus celui auquel Kamel Khélif a fait allusion, ce soir du mois de juin...


Amalia Rodrigues, Estranha forma de vida, 1965


La nuit est la dimension de ce récit qui commence à la fin d'une journée de travail du dessinateur, lorsqu'il quitte sa table à dessin, ferme la porte sur le désordre de l'atelier et la solitude de sa condition d'artiste pour rejoindre ceux qui ne dorment pas la nuit, l'underground d'une cité comme Marseille,  se faisant l'écho de ceux qui sont trop seuls, trop brisés, trop marginaux, les intranquilles. 

On peut retrouver un article que j'avais écrit à l'occasion de la parution de l'album, en avril 2019, ici, pour ne pas me répéter :
Il faut mentionner la très belle qualité des reproductions des peintures de Kamel Khélif et de la reliure, qui font du livre un très bel objet à lire et à collectionner.


Ce soir là, j'ai rencontré les  éditrices Mathilde Chèvre, des éditions Le Port a Jauni et Simona Gabrieli, les édition alifbata, toutes deux spécialisées dans l'éditions d'albums jeunesse et de bandes dessinées en langue arabe, à Marseille.  En 2013, Kamel Khélif avait co-publié, avec Jana Traboulsi, un récit double, L'autre visage & Cette blessure d'où je viens, aux éditions Le Port a jauni











Du 2 juin au 29 septembre, l'abbaye d'Auberive, Centre d'Art Contemporain proposait, à l'occasion de  l'exposition "Recueillir les histoires", autour des trois artistes, Cristine Guinamand, Kamel Khélif et Sam Le Rol, un accrochage des planches de m'album Même si c'est la nuit.
Voir le dossier de l'exposition dans le lien ci-dessous :
https://abbaye-auberive.com/wp-content/uploads/2019/05/DP-Recueillir-les-histoires.pdf

Réécoutez l'émission Le Réveil culturel de Tewif Hakem, sur France Culture,  qui recevait Kamel Khélif, en avril dernier: https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/kamel-khelif-javais-envie-de-faire-un-livre-un-peu-comme-une-lettre-quon-envoie-a-des-amis

Certainement, Kamel Khélif sera l'invité d'autres manifestations au fil de l'année, il faut suivre l'actualité sur la page de son éditeur: https://www.facebook.com/EditionsOtium/



samedi 26 octobre 2019

Douce France


















La Châtaigneraie, Cantal, octobre 2019

mardi 22 octobre 2019

vendredi 4 octobre 2019

Nick Cave, I do, dear, I do


"I do, dear, I do", extrait de l'album The boatman's call, 1997