jeudi 13 avril 2017

"Loup d'avril", Lionel Sabatté - 2012

Vue hier au Mucem ( Musée des civilisations et de la Méditerranée - Marseille), cette sculpture de Lionel Sabatté intitulée "Loup d'avril".


Ce loup est fabriqué à partir de moutons de poussière collectés dans la station de métro parisienne Châtelet en avril 2012.  Outre l'idée plaisante que le loup est composé de ce dont il se nourrit, à savoir des moutons, Lionel Sabatté se détourne des matériaux traditionnellement utilisés dans l'art vers les matières résiduelles, les déchets, les ordures ...
L'exposition dans laquelle son oeuvre est montrée s'intitule d'ailleurs "Vies d'Ordures".
Sans penser que sa démarche soit au départ, un souci d'écologie, Lionel Sabatté est toutefois régulièrement  curieux de tout ce qui constitue les traces et scories laissées par le corps vivant en perpétuelle mue et les accumulations de poussières. Je pense aux papillons qu'il répare avec des rognures d'ongles et de peaux mortes... (voir le lien vers le site de l'artiste, au bas de l'article).
Je me souviens de son travail exposé au musée Mac Arteum de Château-Neuf-Le-Rouge, "Charbons fertiles" à voir ICI  et de ses sculptures dont les photos sont disponibles sur son site, à voir LA.

En regardant "Le loup d'avril", on ne peut ignorer cette oeuvre conjointe de Marcel Duchamp et de Man Ray datant de 1920, "Elevage de Poussière", qui situe encore le travail de Lionel Sabatté dans  la perspective de l'histoire de l'art des XXème et XXIème siècles.


Et pendant ce temps, hier,  à l'extérieur du musée, les enfants du quartier profitaient du beau temps et  des premiers bains de la saison,  rites initiatiques et ménage de printemps ...

Le site de Lionel Sabatté : http://lionelsabatte.org/

Le site du Mucem: http://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-forts

Le site du Mac Arteum, musée de Château-Neuf-Le-Rouge : http://s451049967.onlinehome.fr/macArteum/

jeudi 6 avril 2017

Ange


"Beds are Burning", Midnight Oil


Extrait de l'album Diesel and Dust 1987

"Burning of the midnight lamp", Jimi Hendrix

The Jimi Hendrix experience - 1967

"Elegie #2 ", Daniel Darc

Extrait de l'Album Crève Coeur, 2004


Version live de cette chanson, autre instrumentation :


... rappel d'un concert à Istres, le 23 novembre 2012, quelques mois avant sa disparition ... RIP
http://imagesentete.blogspot.fr/2012/12/je-me-souviens-daniel-darc.html

"J'écume", Alain Bashung

Dans l'album Osez-Joséphine,  1991

lundi 3 avril 2017

Stephan Fernandez expose à galerie "Les Frangines", à Toulon

Lisa et Davia, "Les  Frangines", ont ouvert sur Toulon, il y a quelques mois, une galerie d'art qui voit son succès grandir au fil des expositions. A l'intersection de la rue de Pomet et de la rue des Arts,  dans la basse ville, près de la Maison de la Photographie, la rue connaît aujourd'hui une métamorphose. L'ouverture de plusieurs galeries transforme le quartier et j'ai ressenti un intérêt sincère et une certaine fraîcheur dans l'enthousiasme des visiteurs nombreux et pour la plupart jeunes, le soir du vernissage.  Il y a de quoi se réjouir et avoir envie d'être solidaire de l'aventure  qui se veut à la croisée des possibles, à la fois atelier d'artiste et galerie.

Invité dans cette exposition collective, Stephan Fernandez expose des toiles de grand format 167x114cm,  jusqu'au 28 avril.  Retrouver les infos de la galerie sur leur site facebook : https://www.facebook.com/LesFranginesetvous/


Stephan Fernandez travaille avec les matières, la couleur  et le temps.  
Les toiles, chargées de matières minérales et de pigments, donnent l'impression de mettre sous nos yeux des pans de vieux murs délabrés qui, comme le dit ce vers de Rimbaud, exhiberaient "[...] un fouillis de vieilles vieilleries", que le poète contemple avec une tendresse émue.  Lui, Rimbaud, termine son poème "Le Buffet" sur ces trois vers:

-Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires
Et tu voudrais conter des contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
  "Le Buffet", octobre 1870- Les cahiers de Douai - Arthur Rimbaud

Pareillement, les peintures de Stephan Fernandez nous content des histoires, elles sont des livres ouverts.  Comme les grandes portes d'un buffet, elles donnent à lire des signes gravés dans l'épaisseur de la matière. Signes constants, à l'instar des dessins tracés sur les parois des grottes depuis la nuit des temps, mais renouvelés à chaque génération d'enfants, à l'identique. Signes de tous les âges et donc  signes sans âge,  antérieurs à l'apparition des langues, ils parlent à l'homme comme les mythes.

Dans les toiles de Stephan Fernandez,  ce qui est à la surface ne peut pas être confondu avec le superficiel, mais procède au contraire de la  remontée des couches profondes, qui par quelque retournement de situation, par quelque hasard de l'histoire et volonté de l'artiste sont ramenées à la surface.  La toile est comme une paroi blessée, pelée, "comme une cicatrice de la nuit / Et qui n'en finit pas de se rouvrir". ( Léo Ferré, "Cette Blessure")

La saignée, la déchirure, la fente, l'écorchure, la fracture, la faille, la fissure sont des accidents naturels dans le paysage, mais des gestes volontaires chez l'artiste.  L'artiste, quand il crée, provoque le hasard, il ne le subit pas, il le guette, le prépare,  le retient, le provoque,  reconnaît quand il lui est utile et nécessaire et nous le rend visible. Le travail  de l'artiste disparaît et ne livre à nos yeux que son évidence, quand il est terminé.
Les couleurs sont aux émotions, ce que la matière est à la sensualité, ici elles sont tendres et vives, acidulées et fraîches comme un printemps, mouillées, rugueuses, blanchies comme la pierre au  soleil d'été, écorchées comme un genou qui saigne, brûlées comme un charbon de bois.
Les murs ont des oreilles et les toiles racontent des histoires,  bouches ouvertes par où "les couleurs et les sons se répondent". ( Baudelaire, "Correspondances")
Il faut voir cette exposition, jusqu'au 28 avril, galerie "Les Frangines", à Toulon.  Pour plus de renseignements cliquez ici: https://www.facebook.com/LesFranginesetvous/?hc_ref=PAGES_TIMELINE

Le site de l'artiste: https://copito.carbonmade.com/



Si on veut écouter la chanson de Léo Ferré, "Cette Blessure"


vendredi 31 mars 2017

Oh les beaux jours !



"On ne peut pas chanter comme ça, uniquement pour faire plaisir à l’autre, aussi cher soit-il, non, le chant doit venir du cœur, voilà ce que je dis toujours, couler de source, comme le merle. (Un temps.) Que de fois j’ai dit, dans les heures noires, Chante maintenant, Winnie, chante ta chanson, il n’y a plus que ça à faire, et ne le faisais pas. (Un temps.) Ne le pouvais pas. (Un temps.) Non, comme le merle, ou l’oiseau de l’aurore, sans souci de profit, ni pour soi, ni pour autrui. (Un temps.)"
Oh Les Beaux Jours ,Samuel Beckett , 1961 
 







Buoux - L'aigue Brun

lundi 27 mars 2017

Un Space Invader, montée de Noailles à Hyères

Un Space Invader découvert  "Montée de Noailles" à Hyères. Sa localisation très atypique, hors de la  ville et au ras de la chaussée,  pose la question de l'authenticité ?  Il a un petit air penché (ça grimpe!) et tristounet ... peut-être plein de doute ...  Qu'est-ce que je fous là ?  Invader ou petit crabe sorti de la grande bleue toute proche ?  Quand je me suis arrêtée pour prendre la photo, deux personnes se sont extasiées, elles ne l'avaient pas remarqué, ça alors ! 
La Ciotat (à 58,5kms, précisément ) est un lieu répertorié comme site envahi,  peut-être que les invaders font bien leur boulot d'envahisseurs, après tout  ... ?



Pour les curieux qui voudraient en savoir plus sur l'art de la mosaïque ... c'est ici, le site officiel: http://www.space-invaders.com/home/
Par là les infos sur wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Invader_(artiste)

Y aurait-il un lien avec la Villa Noaïlles commandée par le Vicomte Charles de Noailles et sa femme Marie-Laure, à l'architecte Robert Mallet-Stevens ? Construite dans le milieu des années vingt dans un style ultra moderne (somme toute assez cubiste), elle abrite une magnifique piscine  (en mosaïques, bien sûr)  qui a inspiré quelques scènes du film surréaliste Le Mystère du Château de dé (1929), de Man Ray. Le Vicomte de Noailles, sa femme et quelques amis en sont les acteurs, ils ont enfilé des bas sur leurs visages  pour les déformer, ne souhaitant pas être reconnaissables, ce qui renforce la dimension onirique.  Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (Mallarmé, 1914)

 Man Ray, "Le mystère du château de dé", 1929

Cet improbable Invader est-il une supercherie ou un coup de maître ?

*** Un coup de dés (Mallarmé - 1914)
https://fr.wikisource.org/wiki/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%E2%80%99abolira_le_hasard