mercredi 23 juillet 2014

BD, "Pelote dans la fumée", Miroslav Sekulic-Struja

 Pelote dans la fumée, de Miroslav Sekulic-Struja, tome 1 "l'été / l'automne", publié aux éditions Actes Sud BD et traduit du croate par  Aleksandar Grujicic.  Paru en 2013.
J'ai découvert cette bande dessinée par le biais du Prix Littéraire des Lycéens en région Paca, dans lequel je suis investie avec une de mes classes de seconde.  Il fait partie de la sélection des six bandes dessinées et des six romans choisis pour l'année scolaire 2014-2015.
De quoi est-il question?  Du quotidien difficile de trois adolescents abandonnés par leurs familles et recueillis dans une institution.  Comme le titre l'indique, on suit leurs (mé)aventures sur deux saisons, quasiment au jour le jour, avec des flash rétrospectifs pour évoquer l'enfance de Pelote.  Le personnage de "Pelote" est  privilégié et peut être considéré comme personnage principal.  Il doit son surnom à son caractère introverti.  Enfant d'une famille très pauvre que la misère, l'alcool et la guerre ravagent, il est placé dans cet orphelinat où il rencontre d'autres adolescents partageant un sort qui n'a rien de plus enviable. Ses deux inséparables amis sont Bourdon ( un grand balèze) et Capot ( expert en vol de porte monnaie, expert en pièces détachées et borgne)  Les rixes entre bandes rivales, les larcins, l'ennui qui accompagne les longues journées désoeuvrées  et quelques rencontres plus chaleureuses ( notamment avec un fabriquant de bonbons) rythment les pages (non numérotées) de cette histoire.


Je me permets de reproduire deux planches qui se suivent sur une double page, dans la BD, pour montrer le talent graphique de Miroslav Sekulic-Struja.  Il y a quelque chose qui rapproche ce livre du roman naturaliste du XIXème siècle, mais j'ai aussi pensé à Oliver Twist de Charles Dickens ( 1838), parce que c'est toute la vie d'une ville portuaire, dans une Croatie en guerre, que les personnages nous permettent de parcourir, révélant la misère et les difficultés de la vie. 
J'aime énormément le travail d'illustration ( ou plutôt de peinture) que je qualifierais à la fois de Naïf et d'Expressionniste. La palette est très colorée, mais dans une gamme qui laisse une impression de soleil toujours voilé ou d'ombre qui plane... peut-être aussi pour témoigner de la saleté de la vie ?  En effet, mis à part les couleurs, les  sols, les murs sont constamment jonchés de menus débris ou de tags.  Il y a beaucoup à voir, partout !  Les personnages ont une allure grotesque qui n'empêche pas de les trouver  beaux et qui révèle surtout profondément leur humaine condition. Le choix de planches aux cases saturées, bourrées de détails ou de grandes pages dans lesquelles les dessins  prennent des allures de fresques conviennent à la peinture (au sens propre et au sens figuré) de tout un peuple d'hommes, de femmes et d'enfants qui semblent à la dérive dans un monde en proie à la guerre, à la violence, à l'ennui, au désir et à l'impérieux besoin de vivre.

Miroslav Sekulic-Struja a un blog, ici
Pour avoir quelques infos sur sa biographie, on peut aller sur ce site de la bédéthèque: http://www.bedetheque.com/auteur-35120-BD-Sekuli%C4%87-Struja-Miroslav.html
Et si vous êtes curieux, vous pouvez trouver des films de certaines fresques murales qu'il a réalisées, sur YouTube.

2 commentaires:

Oedipe Isyourlove a dit…

Bon anniversaire!!!!!

flo a dit…

:-)

merci !