jeudi 4 juin 2015

4 juin, parution de Victor, viens voir ! de François David et Florence Laude aux éditions l'Initiale

C'est aujourd'hui que paraît Victor, Viens voir ! écrit par François David et illustré par mes soins, aux éditions l'Initiale.
On peut maintenant le trouver dans toutes les bonnes librairies.
Vous trouverez la liste des librairies partenaires sur le site de l'Initiale

 http://linitiale.fr/pages/edito.php#main

Deux dates à retenir, pour des rencontres :

Samedi 6 juin de 10h30 à 12h30 je serai à la bibliothèque municipale de Pélissanne.
Bibliothèque municipale de Pélissanne
17 allée de Craponne
ouverte de 9h30 à 17h30
Je serai sur place de 10h30 à 12h30 et serais très heureuse de vous y rencontrer...
venez avec vos petits ... 


 

Jeudi 11 juin de 18h à 20h à la librairie   
A l'encre bleue, à l'estaque.  
81 boulevard Chieusse
 
Caroline Dalla dédicacera l'album Qui porte le chapeau ? 


A bientôt !

samedi 30 mai 2015

Apollinaire, Le guetteur mélancolique

Le Guetteur Mélancolique est un recueil posthume, constitué de nombreux poèmes restés inédits à la mort d'Apollinaire en 1918, ou qui avaient été publiés en revues. En 1952, Robert Mallet et Bernard Poissonnier établirent Le Guetteur Mélancolique .

Et toi mon coeur pourquoi bas-tu

Comme un guetteur mélancolique
j'observe la nuit et la mort 

Je donne ici quelques poèmes de
"Stavelot" ( 1899)

L'amour

L'anneau se met à l'annulaire
Après le baiser des aveux
Ce que nos lèvres murmurèrent
Est dans l'anneau des annulaires
Mets des roses dans tes cheveux

***
Or nous regardions les cygnes
Nager ce soir plein de tiédeur
Sur le grand lac où se résignent
Les branches des saules pleureurs
Et c'était l'heure où le jour meurt

***
S'en est allée l'amante
Au village voisin malgré la pluie
Sans son amant s'en est allée l'amante
Pour danser avec un autre que lui
Les femmes mentent mentent

***
Je ne sais plus si je l'aime 
Ni si l'hiver sait mon péché
Le ciel est un manteau de laine
Et mes amours s'étant cachés
Périssent d'amour en moi-même

***
[...]
O mon coeur, j'ai connu la triste et belle joie
D'être trahi d'amour et de l'aimer encore
O mon coeur mon orgueil je sais je suis le roi
Le roi que n'aime point la belle aux cheveux d'or

Rien n'a dit ma douleur à la belle qui dort
Pour moi je me sens fort mais j'ai pitié de toi
O mon grand coeur étonné triste jusqu'à la mort
J'ai promené ma rage en les soirs blancs et froids

Je suis un roi qui n'est pas sûr d'avoir du pain
Sans pleurer j'ai vu fuir mes rêves en déroute
Mes rêves aux yeux doux au visage poupin

Pour consoler ma gloire un vent a dit Ecoute
Elève-toi toujours Ils te montrent la route
Les squelettes de doigts terminant les sapins

***
[...]
Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores
Etonnons-nous des soirs mais vivons les matins
Méprisons l'immuable comme la pierre ou l'or
Sources qui tariront Que je trempe mes mains
                         En l'onde heureuse

***
[...]
"Poèmes retrouvés"

A mon bleu ciel des rêves feuillolent
Et tombent tout près de fleurs qui puent
Je songe pendant que je somnole
D'astres éteints de tigres repus

Toutes les roses ne sont pas roses
Tous les saules ne sont pas pleureurs
Or je sais des portes jamais closes
Et des Héros qui ont toujours peur

Tout ce que nous disons est mensonge
Et je ne crois plus aux pâmoisons
Les yeux sont pareils aux éponges
On presse on pleure et Tout est Raison

***
[...]
J'ai rêvé que j'allais à mon enterrement
Tu n'étais pas venue et j'entendais ton rire
Mais ta bouche était là ses suçons de vampire
Cerceaux rouges roulaient sous mon regard dément
Et je mourais encore en entendant ton rire

***
Fête

Un cor sonnait au fond de mon coeur ténébreux
On y chassait les biches de mes souvenirs
Et cette forêt qui pousse en moi et où l'on corne
                Je l'ai portée au bois

Veille

Pipe de nuit pipes du jour
Tout l'opium ô chevelures
Les cheveux bruns de mon amour
Et ces lenteurs tandis que dure 
L'éveil des monstres tour à tour

***
TABLE
  Ma table est rectangulaire, ses angles sont arrondis. Je fume la pipe bien que le tabac me dégoûte mais son amertume et sa brûlure me plaisent.
  J'aurais voulu travailler ce matin mais je n'ai rien fait que fouiller de vieux brouillons à moi. Les machins où l'on adapte du papier buvard sont des trucs idiots, il vaut mieux sécher ce qu'on écrit avec du papier buvard non monté, c'est ce qu'il y a de mieux. Il est rose comme un visage fardé, peu à peu il noircit au centre rectangulairement. Maintenant je ne fais rien, j'écris ce que je vois, mon mouchoir est près de moi froissé. Il y a aussi une boîte d'allumettes suédoises à l'envers, elle est vieux rose avec un cercle rouge où il y a un A un M et un C avec une torche allumée. Ca me fait penser aux réclames de chemin de fer qui furent le principal du paysage de mon dernier voyage en chemin de fer et quelles jolies rumeurs dans les poteaux électriques sur les routes où je me promenai tout le jour.
                                                                                A
                                                                              T  T
E
N  T
ION
DANGER DE MORT 
  C'était écrit sur ces poteaux plus émouvants qu'un mélo. Je m'embête. Je vais casser une pipe de terre qui est vraiment mauvaise, il faut aussi que je jette quelques pipes en bois qui jutent vraiment trop puis en pensant à plusieurs choses à la fois, ayant mal à la nuque, les yeux fixes je vais m'arracher des peaux autour des doigts et si je saigne je me sucerai le doigt jusqu'à ce que l'obscurité étant complète je me lèverai pour allumer une lampe. 
                       

On trouve ce recueil en poésie/Gallimard.
1952 pour Le guetteur mélancolique
1956 pour Poèmes retrouvés.

lundi 25 mai 2015

Paul-Jean Toulet, "Dans Arles où sont les Alyscamps"



Dans Arles où sont les Alyscamps,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton cœur trop lourd,

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c'est d'amour,
Au bord des tombes.



Paul-Jean Toulet  ( 1895 - 1920)



Un poème que j'ai eu envie de citer dans son intégralité pour rendre hommage à ce poète ...
La citation telle qu'elle a été donnée dans un des messages à propos des "Amants arlésiens" : 
 Dans Arles où sont les Alyscamps
Prends garde à la douceur des choses
invitait  à la curiosité.  Ce poème pourrait plaire à @EC, il n'est pas sans résonance avec son aphorisme. Et, merci à P-J T.






dimanche 24 mai 2015

les amants arlésiens


 Une placette à l'écart des lieux fréquentés par les touristes ( que nous sommes). Nous y resterons une heure à nous dorer comme des lézards au soleil, abrités du mistral, sans en voir passer un seul. La vie du quartier nous est parvenue par bribes:  un aspirateur insistant, une porte qui s'ouvre une dame traverse la place et entre dans un autre immeuble, une jeune fille arrive d'un pas vif  pousse une porte s'engouffre le battant claque bruyamment,  une voix de femme appelle avec insistance un prénom et puis la voix s'éteint, quelques voix entonnent un couplet de joyeux anniversaire, un homme au pas tranquille alourdi d'ennui nous regarde avec curiosité, une femme nous salue, au bout de combien de temps devient-on un élément familier dans le paysage ?


Au bout de combien de temps découvrons-nous certains  détails du lieu ?  Un mascaron au-dessus d'une fenêtre représente un lézard sur une grappe de raisin, un autre trois épis de blé tête tournée vers le bas,  la pierre du banc est profondément gravée d'un F majuscule, les feuilles de l'arbre ne sont pas d'une couleur homogène les branches basses ont des feuilles d'un vert uniforme alors que les autres sont bicolores, blanches et vertes, le réverbère porte des traces de peinture jaune, sur un mur une inscription : "le baiser sur les lèvres a été inventé par les amants pour ne pas dire de bêtise".

Combien de temps pour oublier cet instant de vie qui un jour peut-être par le hasard d'un fait écho  ressurgira avec une précision étonnante ?

jeudi 21 mai 2015

dimanche 17 mai 2015

Le marché du livre ancien d'Aix est menacé

Le Canard Enchaîné du 13 mai 2015 relaie la menace qui pèse sur le marché du livre ancien d'Aix, depuis que la mairie aurait le projet  de le déplacer au profit des fleuristes.  Chaque premier dimanche du mois, le marché du livre ancien se tient place de la Mairie. Le marché aux fleurs se tient lui, les lundis, mercredis, vendredis et dimanches, sur la place du Palais de Justice ( mitoyenne de la place des Prêcheurs) et les autres jours, place de la Mairie.  Pendant la période où la place des Prêcheurs sera en travaux, les fleuristes ont demandé à voir le marché aux fleurs transféré place de la Mairie, même ce premier dimanche du mois, jusqu'alors réservé aux libraires. Le marché aux livres serait quant à lui transféré ( d'après ce que j'ai entendu), sur la place devant l'ancienne université de Provence, actuel institut de Sciences Politiques.  Mais la fréquentation n'est pas la même, cette place étant bien plus excentrée.  Le Canard rappelle que le marché aux livres occupe la place de la Mairie depuis dix-huit ans ... Cette décision met dos à dos deux professions qui ont certes chacune besoin d'exister et de gagner leur vie ... Cependant, on peut dire que cette proposition de la mairie ressemble beaucoup à l'adage "déshabiller Pierre pour habiller Paul" ... et contribuera à fragiliser les professionnels du livre.  La décision de la mairie est présentée comme un coup de force réussi de la part des fleuristes.  Ce qui est certain, c'est que nous n'avons pas envie de voir la situation des libraires menacée et  précarisée, on sait que l'équilibre est difficile !  Ce serait une atteinte de plus à une forme de la culture !  Je soutiens personnellement les libraires.

samedi 16 mai 2015

Caroline Dalla et Florence Laude, dédicacent à la librairie "A l'encre bleue"


Un tour du côté des petits ...
Pour découvrir les deux derniers albums à paraître ( le 4 juin)  aux éditions l'InitialeQui porte le chapeau ? d'Anne-Claire Lévêque et Caroline Dalla  et  Victor, Viens Voir ! de François David et Florence Laude, rendez-vous à  l'Estaque, jeudi 11 juin  à partir de 18h et jusqu'à 20h, à la librairie "A l'encre bleue".
Les illustratrices dédicaceront les albums.

Libraire A l'Encre Bleue
81 bd Chieusse
Marseille 16ème

jeudi 14 mai 2015

Dom Juan " The End", cinémascope

Dom Juan vu par la compagnie La Naïve, présenté au théâtre du Gypsis à Marseille en 2010.  J'avais manqué cette représentation l'hiver 2010 et je le regrette bien !  Le parallèle fait entre Dom Juan et la vie et la mort de Jim Morrison  est intéressant.

Ce lien vers un site où l'on propose de nombreux extraits d'autres mises en scènes de Dom Juan...  
http://video.najoomi.com/play/video/S0_9g_Kcf2U/dom-juan-the-end-cin%C3%A9mascope

vendredi 8 mai 2015

Spiritual, Johnny cash (cover Josh Haden)

Très beau morceau composé par Josh Haden ( fils de Charlie Haden), qui vaut bien de l'entendre dans diverses interprétations, et non des moindres.

Spiritual, Charlie Haden et Pat Metheny