samedi 20 février 2021

Vieille carcasse (3) Peugeot J7 1965































































Vieille carcasse (2) "L'international"


Nous ne sommes rien ...




























































... Soyons tout.


Vieille carcasse (1)

 Feu la camionnette du boucher ...









































samedi 23 janvier 2021

jeudi 29 octobre 2020

Take a ride on that carrousel

                             










mercredi 28 octobre 2020

"A la lumière d'hiver", II, Philippe Jaccottet , 1977


 Aide-moi maintenant, air noir et frais, cristal 

noir. Les légères feuilles bougent à peine,

comme pensées d'enfants endormis. Je traverse

la distance transparente, et c'est le temps

même qui marche ainsi dans ce jardin,

comme il marche plus haut de toit en toit, d'étoile

en étoile, c'est la nuit même qui passe.


Je fais ces quelques pas avant de remonter

là où je ne sais plus ce qui m'attend, compagne

tendre ou détournée, servantes si dociles

de nos rêves ou vieux visage suppliant...

la lumière du jour, en se retirant

                                                  - comme un voile

tombe et reste un instant visible autour

des beaux pieds nus - 

                                  découvre la femme d'ébène

et de cristal, la grande femme de soie noire

dont les regards brillent encore pour moi

de tous ses yeux peut-être éteints depuis longtemps.


La lumière du jour s'est retirée, elle révèle,

à mesure que le temps passe et que j'avance

en ce jardin, conduit par le temps,

                                                      autre chose

- au-delà de la belle sans relâche poursuivie,

de la reine du bal où nul ne fut jamais convié,

avec ses fermoirs d'or qui n'agrafent plus nulle robe - 

autre chose de plus caché, mais de plus proche...


Ombres calmes, buissons tremblant à peine, et les couleurs,

elles aussi, ferment les yeux. L'obscurité

lave la terre.

                    C'est comme si l'immense

porte peinte du jour avait tourné

sur ses gonds invisibles, et je sors dans la nuit,

je sors enfin, je passe, et le temps passe

aussi la porte sur mes pas.

                                          Le noir n'est plus ce mur

encrassé par la suie du jour éteint,

je le franchis, c'est l'air limpide, taciturne,

j'avance enfin parmi les feuilles apaisées,

je puis enfin faire ces quelques pas, légers

comme l'ombre de l'air,


l'aiguille du temps brille et court dans la soie noire,

mais je n'ai plus de mètre dans les mains,

rien que de la fraîcheur, une fraîcheur obscure

dont on recueille le parfum rapide avant le jour.

(Chose brève, le temps de quelques pas dehors,

mais plus étrange encore que les mages et les dieux.)



             A la lumière d'hiver, Philippe Jaccottet, 1977, Gallimard

dimanche 20 septembre 2020

Lost and found