Je reçois ce soir un petit mot de mon ami Kamel Khélif, accompagnant une série de dessins réalisés cette année. Bien contente de découvrir ses nouveaux projets et de savoir que son talent est montré dans des lieux remarquables, je n'attends pas pour les partager, d'autant que l'exposition à l'Artothèque Antonin Artaud n'est visible que peu de jours, encore.
On distingue un premier ensemble de sept dessins qui, me dit-il, sont encore une histoire d'hommes et de loups. Il faut aller à
l'Artothèque du lycée Antonin Artaud, il s'agit d'une expo intitulée
Vies volées, un écrivain, sept artistes.
L'écrivain, c'est Christian Garcin, dont je connais le recueil de seize nouvelles
Vies Volées que j'avais apprécié et étudié il y a quelques années avec une classe. On peut lire, à ce propos, un article paru dans
Le Matricule des Anges, en 1999,
ici . Les sept artistes, Isa Barbier, Dominique Castell, Kamel Khélif, Carine Mina, Didier Petit, Serge Plagnol, Patricia Swidzinski, présentent leur propre lecture d'un fragment d'une de ces nouvelles ... Pour la plupart, ce sont des artistes dont je connais le travail, qui sont aussi de la région.
L'exposition à l'Artothèque Antonin Artaud est visible quelques jours encore, jusqu'au vendredi 12 juin.
A propos des dates de l'expo, Kamel Khélif m'apprend que l'exposition sera peut-être prolongée jusqu'au mois de septembre. Il y aurait à ce moment là la publication, puis la présentation d'un livret, l'Arthothèque publie en effet des livrets à chacune des expositions organisées.
Tous les renseignements pratiques se trouvent en cliquant sur ce lien :
http://www.artothequeantoninartaud.fr/vies-volees-un-ecrivain-sept-artistes/
Des loups et des hommes...
On découvre le travail de dessin fabuleux de Kamel Khélif. La lumière émerge de l'ombre de la tache et du trait, découpant une forme qui se superpose à une autre. C'est un dessin qui se dévoile par trames successives, les silhouettes qui apparaissent gardent une part de mystère. Aussi précis qu'une gravure en taille douce, Kamel Khélif offre un dessin au trait, unique, jouant de la complexité technique de son exécution et du temps nécessaire pour créer un paysage habité d'une histoire et de personnages qui semblent hanter le dessin. Leur présence paraît plutôt faire resurgir la mémoire d'une histoire vécue, plutôt que l'histoire elle-même, comme les daguerréotypes conservent la trace de l'objet qui s'est imprimé sur la plaque, exposée à la brûlure de la lumière.
Trois nouvelles au moins, des
Vies Volées, abordent ce thème des loups, en l'associant à trois destins féminins, Cassandre, Soeur Agnès des loups et Amélie Sivan ...
Quatre autres dessins, font partie d'un projet d'illustration d'une histoire sur le Congo,
Monozande, éditée sous forme d'un livret qui a été exposé à la Tate Gallery de Londres.
On trouve les détails de l'exposition dans un article de Charlotte Waligora, sur ce lien, via Arts-hebdo-médias :
http://www.artshebdomedias.com/article/171114-kamel-khelif-londres-temoignage-indirect
Je me permets de restituer le début de l'article de Charlotte Waligora :
Le livre écrit et dessiné par Kamel Khélif, Monozande, s’achève ainsi : « La
nuit est tombée, Césarine. Une douleur m’étreint le cœur. Mon esprit
n’est plus en ces lieux. Parfois, je rêve et je me perds loin d’ici et
je n’en ai pas honte. Dans les villes d’Europe, d’Amérique ou
d’Australie. Emportant avec moi le souvenir de ce paysage si familier,
avec ses collines, ses arbres et ses fleurs que j’ai l’impression de
connaître depuis des siècles et des siècles. Et si quelqu’un, au coin
d’une rue, sur une place, pouvait lire dans mes yeux, il serait
stupéfait de connaître mon histoire. »
Cette histoire est celle de N’Diho, dont le peintre et illustrateur
marseillais ne connaît que le prénom et dont il vient, en seize
planches, de restituer l’existence ....
(lire l'intégralité de l'article ici )
Monozande est le premier volet d'un travail en collaboration avec le photographe américain, Jim Goldberg. Il faut aller regarder son site :
http://www.jimgoldberg.com/
Le livre à paraître comportera des photos de Jim Goldberg et des textes et dessins de Kamel Khélif.
Kamel Khélif vit et travaille à Marseille.
Pour voir la suite du travail Monozande, cliquer sur ici :
http://diptykblog.com/mediatheque/
On peut lire un article écrit précédemment,
http://imagesentete.blogspot.fr/2012/04/rencontre-avec-kamel-khelif.html